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Le « Bra-gate » au Tour de France Femmes : « 30 secondes gagnées sur 40 kilomètres »

  • il y a 19 heures
  • 3 min de lecture

Lors du Tour de France Femmes 2026, le contre-la-montre individuel est devenu le principal sujet de conversation de la journée. Non seulement en raison de la lutte contre le chrono, mais aussi parce que l'UCI a annoncé des contrôles supplémentaires afin de vérifier que les coureuses ne rembourrent pas artificiellement leur soutien-gorge. Une actualité remarquable qui ne surprend pourtant pas le Ridley Aero Performance Lab. « Nous avons déjà constaté que cette astuce pouvait permettre de gagner jusqu'à 30 secondes sur une distance de 40 kilomètres », explique Daan Teugels, ingénieur R&D. « Mais ce gain potentiel est très individuel. »



Depuis des années, la recherche des marginal gains pousse les ingénieurs et les équipes à imaginer des solutions toujours plus créatives. L'année dernière déjà, des rumeurs circulaient selon lesquelles certaines coureuses rembourraient leur soutien-gorge afin d'améliorer leur aérodynamisme. Chez les hommes, les radios de course étaient également placées au niveau de la poitrine pour la même raison, jusqu'à ce que l'UCI interdise cette pratique.


Aujourd'hui encore, le règlement est très clair. L'article 1.3.032 de l'UCI stipule que les éléments non essentiels de la tenue qui modifient la morphologie naturelle de la coureuse sont interdits. C'est pourquoi des contrôles supplémentaires sont effectués avant le contre-la-montre, notamment afin de détecter les soutiens-gorge rembourrés ou push-up.


Un avantage qui n'est pas le même pour toutes les coureuses


L'introduction de cette mesure ne surprend pas Daan Teugels. Il tient toutefois à nuancer immédiatement le gain de temps potentiel. « En contre-la-montre, on distingue généralement deux positions. Soit le coureur est très compact, comme Remco Evenepoel, soit il possède des bras plus longs et adopte une position légèrement plus haute. Dans ce second cas, un espace apparaît entre les mains et la tête. L'air s'engouffre alors sous le torse, ce qui fait que les hanches agissent comme une voile. »


En remplissant partiellement cet espace, l'écoulement de l'air peut devenir plus favorable. Toutefois, cet avantage n'est pas identique pour toutes les coureuses. « Le gain dépend entièrement de la morphologie de la coureuse et de sa position sur le vélo. Chez certaines, l'effet est limité ; chez d'autres, nous avons mesuré jusqu'à 30 secondes de gain sur un contre-la-montre de 40 kilomètres lors de nos essais. »


Un principe qui n'est pas nouveau


L'idée d'optimiser l'écoulement de l'air autour du corps n'est d'ailleurs pas nouvelle. En triathlon, par exemple, des systèmes d'hydratation intégrés sont utilisés pour améliorer l'aérodynamisme. En cyclisme sur route, en revanche, ce type de modification de la morphologie du coureur n'est pas autorisé.


Lors des essais menés au Ridley Aero Performance Lab, nous avons constaté que même des matériaux très simples, comme du papier essuie-tout, pouvaient déjà produire un effet mesurable lorsqu'ils étaient utilisés pour augmenter le volume au niveau de la poitrine. Un gain de quelques secondes est naturellement une perspective séduisante pour toutes les équipes.


Il suffit de penser à la porteuse du maillot jaune, Sigrid Ytterhus Haugset, qui défendait sa première place sur son Ridley Dean Fast lors du contre-la-montre individuel. Chaque seconde peut faire la différence, mais cela devra se faire sans le moindre artifice.


Également relayé dans les médias


Les recherches menées par le Ridley Aero Performance Lab ont été reprises par plusieurs médias belges. VRT NWS a réalisé un reportage radio sur les effets aérodynamiques du rembourrage du soutien-gorge en contre-la-montre, tandis que VTM NIEUWS s'est rendu au Ridley Aero Performance Lab pour un reportage consacré au désormais célèbre « Bra-gate ». La chaîne néerlandaise RTL a également visité ce qui est considéré comme la soufflerie la plus réputée du Benelux.

 
 
 

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